Un singe en hiver.

Discut' ::  :: 

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Un singe en hiver.

Message par Norbert le Sam 12 Avr 2008, 17:15

En juin 1944, Albert Quentin, ancien fusilier-marin en Indochine, tient l’hôtel Stella sur la côte normande, avec sa femme Suzanne. Il voyage dans l’alcool, pour se remémorer ses voyages en Chine. Lors des bombardements, il promet à Suzanne de ne plus boire, si l’hôtel échappe à la destruction – promesse tenue.

Plusieurs années plus tard, débarque Gabriel Fouquet, publicitaire. Lui boit pour effacer l’échec de son mariage, « voyager » en Espagne et rêver de tauromachie. Le but de sa venue est de voir sa fille Marie qui vit dans un pensionnat. Alors qu’il joue à la corrida avec les automobiles, il est arrêté par les gendarmes et c’est Quentin qui le tire d’affaire. Au cours d’une mémorable ivresse, ils tirent un feu d’artifice sur la plage.

Le lendemain, Gabriel Fouquet s’en va avec sa fille et Quentin compare Fouquet à un singe en hiver.

C’est la seule fois où Jean Gabin et Jean-Paul Belmondo se rencontrèrent à l’écran, la réunion du monstre sacré et du représentant de la Nouvelle vague.

Le roman d'Antoine Blondin avait reçu le prix Interallié en 1959.







Magnifique. A voir absolument.



Norbert



Sexe:Masculin
Messages : 3721
Inscrit le : 19 Nov 2007
Localisation : Val de Marne

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un singe en hiver.

Message par Cormoran le Sam 12 Avr 2008, 17:29

Gabin avait aussi tourné avec Delon, dans Mélodie en sous sol, puis le clan des siciliens.

C'est pendant le tournage de Mélodie en sous sol que Delon, trés impressionné par Gabin, et le respect général qui l'entourait, a décidé qu'il allait devenir, lui aussi, un monstre sacré;

un beau matin, les anciens de la Victorine en rient encore, il a exigé que tout le petit personnel du tournage l'appelle "MONSIEUR delon". Il a voulu le fauteuil avec le nom sur le dossier, comme Gabin. La veille encore, tout le monde l'appelait Alain et le tutoyait. Et il n'a plus jamais été Alain, pour personne.

Cormoran



Sexe:Masculin
Messages : 1351
Inscrit le : 21 Mar 2008
Localisation : PACA
Humeur : badine, l'humour est une arme

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un singe en hiver.

Message par Beat le Lun 14 Avr 2008, 19:08

Un monument ce film, je l'ai vu......au moins 20 fois et toujours avec le même plaisir!
Wink
- Matelot Hénault Lucien, veuillez armer la jonque, on appareille dans cinq minutes.
- C'est parti
- Albert, je vous en prie, vous n'allez pas encore tout me saloper comme la dernière fois.
- Madame, le droit de navigation sur le Yang Tse Kiang nous est formellement reconnu par la convention du 3 août 1885. Contesteriez-vous ce fait ?
- Je ne conteste rien. Je vous demande simplement de ne pas tout me casser comme l'autre jour.
- Oh... mais pardon ! L'autre jour, les hommes de Chung Yang Tsen ont voulu jouer au con. Heureusement que j'ai brisé la révolte dans l'oeuf, sans barbarie inutile, il est vrai. On n'a coupé que les mauvaises têtes ; le matelot Hénault peut témoigner.
- Sur l'honneur.
- Bon. Nous allons donc poursuivre notre mission civilisatrice. Et d'abord, j'vais vous donner les dernières instructions de l'Amiral Guépratte, rectifiées par le Quartier-Maître Quentin ici présent. Voilà : l'intention de l'Amiral serait que nous perçions un canal souterrain qui relierait le Wang-Ho au Yang-Tse-Kiang.
- Le Yang Tse Kiang... bon...
- Je ne vous apprendrais rien en vous rappelant que Wang Ho veut dire fleuve jaune et Yang Tse Kiang fleuve bleu. Je ne sais si vous vous rendez-compte de l'aspect grandiose du mélange : un fleuve vert, vert comme les forêts comme l'espérance. Matelot Hénault, nous allons repeindre l'Asie, lui donner une couleur tendre. Nous allons installer le printemps dans ce pays de merde !
- Bon... Je vois qu'vous êtes raisonnables, j'vous laisse... J'ai des clients à servir, moi.
- Eh ! Dites donc, l'Indigène ! Un peu d'tact, hein !... Parlons d'autre chose !... Parce qu'on les connaît, vos clients ! La Wermacht polissonne et l'Feldwebel escaladeur !... Hein !... Et puis merde, j'vous raconterais plus rien, là !
- Chut, Albert ! Vous fâchez pas !
- Mais vous fâchez pas, vous fâchez pas ! Mais, nom de Dieu d'bordel, j'vous offre des rivières tricolores, des montagnes de fleurs et des temples sacrés et vous m'transformez tout ça en maison d'passe !... Vous plantez votre Babylone normande dans ma Mer de Chine !... Alors !... Matelot Esnault !
- Oui, Chef !
- On va brûler l'village !... Où sont les grenades, que j'les dégoupillent !...
- Monsieur Quentin !... Calmez-vous !... Je vous demande pardon !...
- Une reddition ?... Soit !... La main d'fer dans l'gant d'velours !... Matelot, à vos pagaies !
- Oui, Chef !
- Attention aux roches !... Et surtout, attention aux mirages !... Le Yang-Tsé-Kiang n'est pas un fleuve, c'est une avenue... Une avenue d'cinq mille kilomètres qui dégringole du Tibet pour finir dans la Mer Jaune, avec des jonques et puis des sampans d'chaque côté... Pis au milieu y'a des... des tourbillons d'îles flottantes, avec des orchidées hautes comme des arbres... Le Yang-Tsé-Kiang, camarade, c'est des millions de mètres cubes d'or et d'fleurs qui descendent vers Nankin... Et avec, tout l'long, des villes-pontons où on peut tout acheter... De l'alcool de riz, d'la religion, et pis des garces, d'l'opium... Ch'peux vous affirmer, Tenancière, que le fusilier-marin a été longtemps l'élément décoratif des maisons d'thé... dans c'temps-là, on savait rire... ì Elle s'était mise sur la paille / Pour un maquereau roux et rose / C'était un juif, il sentait l'ail / Il l'avait, venant de Formose / Tirée d'un bordel de Shangaï. î
- Oh, c'est beau !...
- C'est pas d'moi !... C'est des vapes, comme ça, qu'y m'reviennent... quand j'descends l'fleuve...
J.Gabin/P.Frankeur

- Avec lui, si vous avez pas soif, vous serez tout d'suite servi
P.Frankeur

- Pour un picon-bière, c'est moitié-moitié?
- Ca peut le devenir. Mais je saute pas un obstacle sans élan.
Une serveuse/J.P Belmondo

- Ah! Nous y voilà. Ma bonne Suzanne tu viens de commettre ton premier faux pas. Y'a des femmes qui révèlent à leur mari toute une vie d'infidélité, mais toi, tu viens de m'avouer quinze années de soupçon. C'est pire.
J.Gabin


-Ton cient là, Fouquet. Ton espagnol. Douze verres cassés ça te dis rien?
- Monsieur. Primo, voila quinze ans que je vous interdis de me parler. deuxio, si vous ne vouliez pas qu'il boive, c'est simple, vous n'aviez qu'a pas le servir.
- Alors là monsieur, je vous retorque que, primo, je l'ai viré. deuxio, les ivrognes y'en a assez dans le pays sans que vous les fassiez venir de Paris.
- Un ivrogne?
- Ah ben oui ! Un peu ! Même le père Bardasse qui boit quatorze pastis par jour n'en revenait pas !
- Ah parce que tu mélanges tout ça, toi ! Mon espagnol, comme tu dis, et le père Bardasse. Les Grands Ducs et les bois-sans-soif.
- Les grands ducs?!
- Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'on toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !
- Excuse-moi mais nous autres, on est encore capable de tenir le litre sans se prendre pour Dieu le Père.
- Mais c'est bien ce que je vous reproche. Vous avez le vin petit et la cuite mesquine. Dans le fond vous méritez pas de boire. Tu t'demandes pourquoi y picole l'espagnol ? C'est pour essayer d'oublier des pignoufs comme vous.
J.Gabin/P.Frankeur

- Écoute ma bonne Suzanne. Tu es une épouse modèle.
- Oh...
- Mais si, t'as que des qualités et physiquement, t'es restée comme je pouvais l'espérer. C'est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c'était à refaire, je crois que je t'épouserai de nouveau. Mais tu m'emmerdes.
- Albert!
- Tu m'emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour mais tu m'emmerdes.
J.Gabin/S.Flon

- Dis-toi bien qu'si quelque chose devait m'manquer, ce serait plus l'vin, ce serait l'ivresse...
J.Gabin

- Je crains malheureusement qu'on ne s'attache pas à une femme avec des vertus culinaires. Avec des vertus d'aucune sorte d'ailleurs.

- Il est autant anglais que Lawrence d'Arabie est arabe. Perfidie légendaire!
J.Gabin

- Si je buvais moins, je serai un autre homme. Et j'y tiens pas.
J.P Belmondo

- Sous pretexte de nous empêcher de boire, elles ne rêvent qu'à nous mettre en bouteille.

- Que ce soit la révolution ou la paëlla, dis-toi bien que rien de ce qui est espagnol n'est simple.
J.P.Belmondo

- Si la connerie n'est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille.
J.P.Belmondo

- Une paella sans coquillages, c'est un gigot sans ail, un escroc sans rosette.
J.P.Belmondo

- J'espère qu'elle me fera tout de même la grâce d'assister à mes débuts dans les arènes monumentales... Y'aura du monde!.. Luis Miguel attire toujours la foule!.. Y'a longtemps que je rêve de triompher à Madrid... Le public sera exigeant...surtout derrière Miguelito... Je vais être obligé de prendre des risques...Je vais mettre mon costume blanc, celui de mes débuts... Vous vous souvenez de cette novillada de Tolède... Ce vent froid...Ce public affreux...Et ce taureau qui ne voulait pas mourir... Depuis j'en ai estoqué plus de cent!.. Je suis le plus grand matador français!.. Gabriel Fouquet...Plus celèbre que Fierchoul...Yo soy unico!.. Ca vous intéresse, papa?
- Peut être?
- Et qu'est ce qui vous intéresse? La matador, le taureau ou l'Espagne?
- Le voyage, votre façon de voyager
- Ah ça c'est un secret!
- Oh la la !.. Le véhicule je le connais, je l'ai déjà pris, et c'était pas un train de banlieue, vous pouvez me croire...Moniseur Fouquet, moi aussi il m'est arrivé de boire... Mais ça m'envoyait un peu plus loin que l'Espagne... Le Yang tsé Kiang... Vous avez déjà entendu parler du Yang Tsé Kiang?.. Ca tiens de la place dans une chambre, moi j'vous l'dis!
- Sûr!... Alors deux xérès?...
- Je ne bois plus, je croque des bonbons...
- Et ça vous mène loin?
- En Chine toujours, mais plus la même... Maintenant c'est une espèce de Chine d'antiquaire... Quant à descendre le yang tsé Kiang en une nuit c'est hors de question... Un petit bout par çi, un petit bout par là... Et encore, pas tous les soirs... Les sucreries font bouchon...
J.P Belmondo / J.Gabin

- Le Yang Tsé Kiang n'est pas un fleuve, camarade... C'est une avenue... Une avenue de 5000 kilomètres qui dégringole du Tibet et qui s'arrête à la mer Jaune... A gauche et à droite des jonques, des sampans... Au milieu, en plein courant, des tourbillons d'îles flottantes... Des orchidées hautes comme des arbres et des troupeaux de buffles... Des millions de mêtres en cubes d'or, de fleurs et de limon qui descendent vers Nankin, au milieu des pagodes et des ville en bois... Des villes pontons où tout est à vendre: l'alcool, le poisson cru, les putains, l'opium...
J.Gabin

- Y'a pas de bonnes habitudes. L'habitude, c'est une façon de mourir sur place.

- Mourir saoûl, c'est mourir debout.
Le milieu a éliminé un parrain, ce serait mieux deux par deux. (Coluche)

Beat



Sexe:Masculin
Messages : 848
Inscrit le : 02 Déc 2007
Age : 60
Localisation : Vaucluse
Humeur : Ingérable et insaisissable

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un singe en hiver.

Message par fouchtra le Dim 22 Juin 2008, 18:01

"Oui monsieur, les princes de la cuite, les seigneurs, ceux avec qui tu buvais le coup dans le temps et qu'on toujours fait verre à part. Dis-toi bien que tes clients et toi, ils vous laissent à vos putasseries, les seigneurs. Ils sont à cent mille verres de vous. Eux, ils tutoient les anges !"

Il n'y avait que Gabin pour faire passer ce genre de répartie... C'est du Blondin ou du Audiard...?

Tout ça me rappelle "Le tonnerre de Dieu"...

fouchtra



Messages : 41
Inscrit le : 20 Juin 2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un singe en hiver.

Message par Beat le Lun 23 Juin 2008, 08:47

Salut Fouchtra, le film est tiré d'un roman d'Antoine Blondin, mais les dialogues sont d'Audiard, donc ces fameuses répliques également.
Oui ce film est un chef-d'oeuvre comme bien des films de Gabin, cet acteur pour qui j'ai le plus profond respect et une grande tendresse, probablement parceque mon papa lui ressemblait beaucoup......
Le milieu a éliminé un parrain, ce serait mieux deux par deux. (Coluche)

Beat



Sexe:Masculin
Messages : 848
Inscrit le : 02 Déc 2007
Age : 60
Localisation : Vaucluse
Humeur : Ingérable et insaisissable

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


Discut' ::  :: 

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum